10.06.2008
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09.06.2008
¡ Joé che !
Outrée. Révoltée. Guévarisée. Attention Sierra Maestra, me voilà !
Plus sérieusement. En pleine documentation sur le Che, ma nouvelle passion, je tombe sur le livre de Jacobo Machover : La Face cachée du Che. Son intention est loin d’être condamnable : démystifier le Che. Le faire apparaître sous son véritable jour : celui de guérillero. Et un guérillero n’est pas un saint.
Bien que cela me semble évident, pourquoi ne pas écrire sur le sujet. Mais Machover entame ici une véritable campagne de dénigrement (sans doute motivée par la perte d’un membre de sa famille lors de cette guérilla ou après). Ses arguments sonnent creux. Il commence par remettre l’obtention de son diplôme de médecin en question. Soit. Je ne me prononcerais pas en la matière. Mais en quoi cela démontre quoi que ce soit sur le révolutionnaire ?
A grands renforts de titres chocs tel que « L’apprentissage de la violence », Machover montre du doigt un Che « assoiffé de sang ». Pour exemple : le chiot qu’il a fait « assassiner » car, en aboyant, il donnait leur position à l’ennemi. Salaud de Guevara. Ou encore l’énorme dilemme devant lequel Guevara s’est trouvé confronté en pleine guérilla : emporter un sac de médicaments ou un sac de munitions. Il choisit les munitions. C’est vrai qu’armé d’une boite de dragées Fuca, on est terriblement moins efficace face à l’armée de Batista, qui, à ce moment là, combat davantage pour sa survie, que pour son maintien au pouvoir.
Poursuivons. Lorsque Guevara écrit : « Je serais prêt au moment voulu à donner ma vie pour la libération d’un pays d’Amérique latine ». Machover interprète : « Ainsi Guevara […] unissait-il à sa revendication proclamée des basses œuvres de la révolution cubaine son souhait de chercher la mort ». Et boum. Nous voilà avec un Che non seulement sanguinaire, mais en plus suicidaire.
En décontextualisant totalement les événements et en interprétant très librement les écrits de Guevara, Machover fait effectivement bondir de ses lignes le diable en personne.
Sans chercher à déifier Ernesto Guevara, qui fût un guérillero violent, je ne peux que déplorer l’édition de ce livre ainsi que la très contestable rigueure éditoriale de Buchet Chastel. Il est évident que l’on ne mène pas une révolution la rose entre les dents, mais il me semblait que la chasse aux sorcières appartenait au passé.
14:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
22.05.2008
Suite Indochinoise
Jean Luc Coatalem partit en 1990, au Vietnam, sur les traces de son grand père paternel, un officier d’infanterie colonial. Il avait une trentaine d’années et ne laissait pas grand-chose derrière lui, étant dans une impasse professionnelle à cette période de sa vie. Il arriva à Saigon et son périple le mena jusqu’à Hanoï et à la Baie d’Halong. Un voyage initiatique organisé avec l’aide de Saigon Tourisme.
A son retour en France, il livra ses carnets de voyage à La Table Ronde , alors dirigée par Olivier Frébourg, sous le titre de « Suite Indochinoise ».
Ne sachant rien de cette histoire, je suis partie à l’age de 30 ans sur les traces de mon grand père paternel, au Vietnam. Je ne laissais derrière moi que les ennuis de Paris et m’en remis à Saigon Tourisme. 18 ans après donc. J’ai traversé ce pays de Hanoï à Saigon, en passant par Hué.
A la lecture de l’ouvrage de Coatalem, je ne peux que me dire qu’il écrit bien. Indéniablement. Très littéraire. Le mot juste et économe. A-t-il aimé ce pays ? Je ne saurais le dire. Mais un sentiment curieux m’étreint en refermant le livre : Jean-Luc Coatalem n’a pas su saisir le sel de l’ancienne Indochine.
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28.03.2008
La Vagavalda
Ca y est ! Le nouveau « Gavalda » est sorti le 11 mars ! Après une grosse frayeur suite au vol de l’ordinateur de la belle Anna, avec le précieux manuscrit à l’intérieur, et 4 ans après « Ensemble c’est tout », voilà « La Consolante ».
On y retrouve tout l’univers gavaldien, avec ses personnages hauts en couleurs.
Charles, architecte de 47 ans, busy man toujours entre deux avions, apprend, un soir, le décès d’Anouk. Nous voilà alors partis au cœur de la vie de Charles, avec Nounou, Mathilde, Alexis, Yacine, Anouk…
Le talent d’Anna Gavalda est intact. Toujours le chic de trouver le détail, la phrase, la mèche qui tombe, qui font de ses personnages nos voisins de palier, et très vite, nos meilleurs amis.
« Tout est histoire » écrit-elle. Mais à force de surenchère d’histoires, on s’y perd, et le roman tourne parfois à une succession de vies décrites selon d’improbables rencontres.
Des longueurs donc, mais un charme qui opère toujours.
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