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09.06.2008
¡ Joé che !
Outrée. Révoltée. Guévarisée. Attention Sierra Maestra, me voilà !
Plus sérieusement. En pleine documentation sur le Che, ma nouvelle passion, je tombe sur le livre de Jacobo Machover : La Face cachée du Che. Son intention est loin d’être condamnable : démystifier le Che. Le faire apparaître sous son véritable jour : celui de guérillero. Et un guérillero n’est pas un saint.
Bien que cela me semble évident, pourquoi ne pas écrire sur le sujet. Mais Machover entame ici une véritable campagne de dénigrement (sans doute motivée par la perte d’un membre de sa famille lors de cette guérilla ou après). Ses arguments sonnent creux. Il commence par remettre l’obtention de son diplôme de médecin en question. Soit. Je ne me prononcerais pas en la matière. Mais en quoi cela démontre quoi que ce soit sur le révolutionnaire ?
A grands renforts de titres chocs tel que « L’apprentissage de la violence », Machover montre du doigt un Che « assoiffé de sang ». Pour exemple : le chiot qu’il a fait « assassiner » car, en aboyant, il donnait leur position à l’ennemi. Salaud de Guevara. Ou encore l’énorme dilemme devant lequel Guevara s’est trouvé confronté en pleine guérilla : emporter un sac de médicaments ou un sac de munitions. Il choisit les munitions. C’est vrai qu’armé d’une boite de dragées Fuca, on est terriblement moins efficace face à l’armée de Batista, qui, à ce moment là, combat davantage pour sa survie, que pour son maintien au pouvoir.
Poursuivons. Lorsque Guevara écrit : « Je serais prêt au moment voulu à donner ma vie pour la libération d’un pays d’Amérique latine ». Machover interprète : « Ainsi Guevara […] unissait-il à sa revendication proclamée des basses œuvres de la révolution cubaine son souhait de chercher la mort ». Et boum. Nous voilà avec un Che non seulement sanguinaire, mais en plus suicidaire.
En décontextualisant totalement les événements et en interprétant très librement les écrits de Guevara, Machover fait effectivement bondir de ses lignes le diable en personne.
Sans chercher à déifier Ernesto Guevara, qui fût un guérillero violent, je ne peux que déplorer l’édition de ce livre ainsi que la très contestable rigueure éditoriale de Buchet Chastel. Il est évident que l’on ne mène pas une révolution la rose entre les dents, mais il me semblait que la chasse aux sorcières appartenait au passé.
14:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note


Commentaires
ben Le che devait l'être un peu quand même suicidaire...un côté conradien...beaucoup de Lord Jim chez lui...à chaque fois de se replonger comme il le fit toujours plus loin "au cœur des ténèbres...enfin ce que j'en dis...
Ecrit par : Lake o' nick | 09.06.2008
Eh, c'est pas parce que t'es addict au Che en ce moment que personne n'a le droit d'en dire du mal. Il n'a pas fait que du bien et oui, il était certainement un peu suicidaire.
D'ailleurs, la citation du jour qui suit colle très bien avec ce que je dis et contredit complètement ton coup de gueule. Na !
Ecrit par : fisso | 09.06.2008
Mais je ne dis absolument pas le contraire. le Che était quelqu'un de très dur, de violent et certainement pas un enfant de coeur. Sur les ordres de Castro, il a fait fusiller presque 200 personnes lorsqu'ils ont pris le pouvoir. Pour ne parler que de celà.
Mais je pense que c'est inévitable lorsque l'on mène une révolution. Bien sur qu'il y eu des morts. Mais de là à faire du Che un etre sanguinaire assoiffé de vengeance, non. D'autant que Jacobo Machover avance des thèses, ou plutot des opinions, qui ne sont étayées par rien.
Quant à être suicidaire, là encore je ne suis pas d'accord. Mourir pour ses idées n'est pas être suicidaire. Le Che a échappé à la mort de nombreuses fois, et souvent à un cheveux. Pour quelqu'un de suicidaire, il avait l'air de tenir drolement à la vie.
Ecrit par : babelle | 09.06.2008
T'as raison! Vas-y Cécile! Te laisse pas faire!... (ah,mais, c'est quoi ces scuds à 2 pesos!.. Eh! T'inquiètes je veille...).
¡Hasta la Victoria. Para siempre! (Joé...)
Ecrit par : ¡ Joder leche! | 09.06.2008
¡ Joé che !
Ecrit par : babelle | 09.06.2008
Vous vous souvenez de la première guerre d'Irak?.. 1991, le feu d'artifice quotidien sur CNN... Les Ricains balançaient de nouveaux obus pas très au point, au demeurant, à longueur de nuit, sur Badgad et alentour. PAs très au point, non...Ils n'atteignaient jamais leur cible, ces joujous à tête ogive chercheuse mais pas trouveuse. Ils s'appelaient SCUD(s). (Les obus). Du coup, à la radio où je chroniquais alors -Sud-Radio, on disait, pour déconner, sur un air de pubeux : "Scud, la radio qui n'atteint pas ses auditeurs!"... Idem ici. (T'inquiètes, Cécile, je monte la garde... je suis tous derrière toi! ;)
Ecrit par : Montecristo n°2 Obus | 09.06.2008
le Che comme icône romantique...d'accord...dans le genre gosse beau christique et tout, on ne fait guère mieux...bien sur le début de la révolution cubaine...leur indéniable côté redresseur de tort. leur désir de justice sociale et tout ça...Vite virée en eau de boudin cette affaire... vu de ma chaise l'analyse ( enfin l'analyse...) peut prêter à sourire, mais bon basta le Che,alors je veux bien Régis Debray, comme je veux bien tous les maos de 68, Sollers et consorts, rien à redire sur la grandeur de leur égarement, beaucoup de grandeur encore là-dessous, et puis le plaisir de les lire encore...eux ont leur et continuent de laisser leur trace...ils font œuvre de...le che,gratte sous l'image du romantique ( et c'est beaucoup) avec le recul, c'est typiquement un jeune homme bagarreur...pour le reste, le seul révolutionnaire véritable, reste et restera Allende...oh je sais, ça ne vous fera jamais un film tout plein d'exaltation et de Benicio del toro, mais, pute borgne, l'une des plus belles et nobles aventures véritablement révolutionnaires" tentée à l'époque avec le courage et la vraie générosité que l'on sait ( là encore qu'on arrête de nous prendre pour des cèpes, entendre parler de la l'emploi inévitable de la terreur dans toute phase révolutionnaire suffit à la condamner à mes yeux...sinon ça reviendrait à absoudre le régime de Pinochet, de Videla et le reste qui peuvent toujours vous expliquer que la torture et l'emprisonnement systématique du moindre opposant, et bien ma foi c'est pour le bien commun, l'intérêt supérieur du truc enfin sommes des grandes personnes, lisons, cinémathéquons,pigeons,pas nés de la dernière pluie même si naïfs en certaines occases ...)politique couillue généreuse d'Allende menée, celle-ci, de façon démocratique...et c'est là le plus important. Et puis perso, ça va cinq minutes les exaltés moitié suicidaires, d'ailleurs parfaits comme perso chez Conrad et Coppola, ça que je maintiens comme cette histoire de vouloir propager la révolution de part le monde flanqués de trois pelés et deux tondus, plus notre Régis national si ou plait, gaullé comme un troisième latte lilliputien ( ah sur que si z'étaient tous gaulés comme icelui au Munster, on l'aurait gagné la coupe d'euro...désolé, la pilule a du mal à passer),franchement soit ça dénote d'un manque de clairvoyance politique absolu voire pire, soit je sais pas moi ( m'avez tout énervé , malin, suis bon pour une tite camomille maintenant...) non mais au lieu de... s'empresser d'aller faire tu tu pan pan dans la selva avec des vers de Rimbaud plein la tête, magnifique comme pose ok ok, mais bon...je file sans quoi Montecristo va me balancer un obus ou pis...un scud...radio...chérie y nous reste de la camo... oui chérie Bénicio del toro.. l'est beau... y nous en reste alors ou bien...de la camo...
Ecrit par : zinédine tisane | 09.06.2008
Ah, vous me faites bien rire, tous. Merci.
Ecrit par : fisso20032003 | 09.06.2008
toute façon, le dernier alias, avatar ( zavatesque en ce cas) de notre petit guevaurien se retrouve ( comme quoi les mythes sixties essaiment encore au temps du SMS) en une belle et triste ritournelle "bleu pétrole" ( résidents de la république, voilà pour l'édification générale) serait-ce donc un Che enfin convaincu des vertus de la gueuze?) où donc le Bashung y va de son " che papa, che papa"...noooon, ébouriffant renversement des valeurs, un Che rendant si piteusement les armes devant le retour de la revanche d'une certaine idée du paternaliste...Lol et triple loop. Mazette et mazeltoff. Tous ensemble tous ensemble!!! Allez hop que toutes les instances albanulles cessent ainsi donc de nous beurrer les pieds avec leur Frédéric de Proust et portent L'Ernesto de toute éternité, même si plus tintin et les picaros que jamais, à la tête de la villa Médicis et au trot non de nom!!!
Ecrit par : rigoletard | 10.06.2008
Sais-tu que l'un des plus fameux slogans de Mai 68 n'est pas un avatar cohn-benditien, ou un graffitto anonyme, mais une citation du Che? "Soyez réalistes : demandez l'impossible!"
Joé!..
Ecrit par : Léon | 14.06.2008
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2008/06/14/le-che-heros-en-son-pays_1058166_3222.html?xtor=RSS-3208
Ecrit par : Léon | 15.06.2008
Vois aussi les commentaires (colonne de droite, notament les 4è et 7è...)
Ecrit par : Léon | 15.06.2008
Intéressant, le "che" fait toujours couler autant d'encre et continue de déranger, même en 2008. Pour ma part, je suis entièrement d'accord avec Bruno E.
Ecrit par : Babelle | 15.06.2008
Bruno et toi avez raison : on ne fait pas d'omelette sans casser des hommes, ai-je envie de dire. (Des oeufs aussi. D'ailleurs, j'ai faim). Après c'est une question de degré et de pudeur : - de degré dans l'horreur qu'une Révolution peut atteindre. - D('im)pudeur dans "l'icônisation" imbécile d'une belle image (merci Korda) qui cache une réalité méconnue de la plupart qui portent son tee-shirt. Conclusion : Panurge est encore le maître du monde.
Ecrit par : Léon | 15.06.2008
C'est pas faux
Ecrit par : Babelle | 15.06.2008
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