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08.05.2008

Carnet de voyage

Carnet de voyage

Arrivée à Bangkok. 13 mars 2007

L’arrivée à Bangkok est chaotique. Il fait chaud et humide. Mais il ne s’agit pas de la touffeur floridienne qui prend à la gorge au saut de l’avion. Ici, l’air est doux comme une étreinte.

Après une nuit blanche, je suis enfin dans ma chambre d’hôtel. J’ai l’impression d’être dans le décor d’un vieux western raté. Les rideaux crasseux sont tirés. Dehors, le soleil tape. Je suis allongée sur mon lit, la faim le disputant à la fatigue. En face de moi, un mur défraîchi. Le miroir est encadré de deux lampes qui menacent à tout instant de se décrocher. Un cafard très pressé court le long de la plainte. La clim ronronne et ça me fait marrer.

Après quelques heures de repos et un sandwich vite avalé : l’aventure. Je me hasarde dans les rues de Bangkok. Devant le premier temple, je retire mes tongues roses. J’apprendrai plus tard qu’il fallait les laisser en bas des marches, et non en haut. Il n’y a personne et je ne sais quelle attitude adopter. Ici ne règne pas l’atmosphère glacée du recueillement qui sévit dans nos églises. Toutes fenêtres ouvertes, le vent s’engouffre et tourbillonne autour de l’hôtel sacré. Un homme arrive et s’agenouille. Un peu honteuse de mon ignorance, je l’imite, dans un coin, les jambes bien sagement repliées sous mon corps. Je le regarde du coin de l’œil faire sa rapide prière. Je suis à nouveau seule dans le temple, engoncée dans mon recueillement, quand j’entends un babillement derrière moi. Un bébé se trémousse dans sa couche. Sa jeune mère négligemment assise par terre, à coté de lui. Un coup à se convertir…

Plus tard, je cherche un taxi pour sortir du quartier oh combien sulfureux qu’est Patpong. N’ayant rien lu sur le pays, je ne sais pas ce qu’il y a à voir. L’homme auquel je m’adresse me regarde comme une extra-terrestre lorsque je lui dis que je veux aller voir la rivière. Ici, les touristes viennent dans le market center pour acheter des fringues. Forcément…

Je finis par trouver un taxi qui accepte de me transporter. Il a décidé de m’emmener à un embarcadère pour que je remonte le fleuve en bateau. Pourquoi pas. Je me sens bien cette ville. Etrangement, je m’y sens comme chez moi. Elle n’effraie pas comme la mystérieuse Naples. Je fais confiance au jeune homme. Je n’ai pas d’envie particulière. Je veux juste marcher dans les entrailles de Bangkok.

Le bateau est une sorte de longue pirogue à moteur : « un bateau à longue queue ». Je suis seule à bord et nous nous élançons sur les flots du Chao Phraya. Et pendant 10 minutes je me répète, comme on se pincerait : « je suis à Bangkok, je suis à Bangkok, je suis… ». Et pendant une heure, je me laisse porter sur les reins de cette ville qui m’offre à voir ses trésors… et sa déchéance.

Commentaires

oui oui les photos de voyage...oui oui aussi la page de ce carnet de voyage...benoit oui oui en somme. aime le détail cocasse qui trouve à s'immisce dans la description...oui oui une douceur en loucedé...voilà

Ecrit par : benoit | 09.05.2008

ça me rappelle un peu Ségalen en ce sens que la présence de l'étranger révèle et quelque part perturbe la vie de là , l'infléchie et lui donne un sens particulier , c'est une affaire de regard de part et d'autre ... magnifique du reste et qui pousse à la réflexion ,
au départ je me suis dis ouah ' oui comme mon chien , mimétisme incohérent , ) quelles belles photos de thaïlande et puis comme rien ne parait plus le même de nos jour , je me suis demandé , est ce vraiment la tha¨lande , demeure t'elle ainsi ? quasiment inchangée dans ces posture que Rodin aurait pu aquareller ou manque t'il quelque chose d'aujourd'hui , et puis j'ai lu le texte très beau et qui continué à m'interrroger ,dans le sens de la boucle qui se referme ...
visuellement magnifique , une vrai splendeur de couleur et de posture (je me répète)
merci de ce voyage en quelque seconde , !!! et oui l'époque permet cela !

Ecrit par : lam | 19.05.2008

Et ouis, la Thailande demeure inchangée, et pourtant elle ne ressemble en rien à celle qu'elle fût il y a quelques années. Voilà tout le paradoxe de l'Asie du Sud est. Je ne peux que vous exorter à y aller et voir par vous même. C'est totalement magique.
Je travaille à mon carnet de voyage du Vietnam (puisque j'en reviens). J'espère pouvoir vous faire voyager une nouvelle fois, très prochainement.

Ecrit par : Babelle | 19.05.2008

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