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30.03.2008

L'homme et la mer

Homme libre, toujours tu chériras la mer!
La mer est ton miroir, tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais a plonger au sein de ton image;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets;
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, O frères implacables!

Charles Baudelaire

Commentaires

Aujourd'hui seulement (comme quoi) m'apparait l'évidence de l'adéquation exacte de chaque vers de ce poème avec cet indéfectible essentiel que tu as de plus profondément ancré en toi.
Et soudain le lumineux éteint la luminosité pourtant forte et affectueuse de ce jour (à la promesse cacophonique) le plus long de l'année; à la faveur d'une découverte comparable (elles le sont toutes a posteriori : or, donc) à celle des Amériques par (je ne sais plus qui d'ailleurs) le premier. D'entre eux. Et vogue!

Ecrit par : Léon | 21.06.2008

Merci...

Ecrit par : Babelle | 21.06.2008

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